Un atout dans une commune, une plus-value pour l’économie locale

Depuis les années 80, les gouvernements fédéraux successifs mettent à mal la sécurité sociale et l’ensemble des droits acquis de hautes luttes par des générations de travailleurs, nos parents, nos grands-parents.

Une des mesures les plus antisociales est notamment le calcul des indemnités en fonction du statut isolé – cohabitant. La plupart des acteurs du secteur social y voient  une des sources principales de la précarité toujours croissante de la population : le montant des allocations sociales est  largement inférieur au seuil de pauvreté… Et particulièrement pour celles octroyées à la catégorie des « cohabitants ».

Les Centres publics d’action sociale (CPAS) sont toujours davantage mis sous pression pour répondre aux besoins les plus élémentaires de nos concitoyens les plus fragilisés.

 

Une situation différente à Floreffe ?

Apparemment, notre CPAS de Floreffe pourrait sembler être une exception. En effet, le nombre de bénéficiaires du revenu d’insertion est relativement faible par rapport à la population et, même s’il varie régulièrement, il tourne actuellement autour de 30, alors que nous en étions à 50 en 2011 et que nous nous attendions à une augmentation de demandes (une trentaine) suite aux mesures d’exclusion des allocations de chômage décidées par le gouvernement fédéral. Il n’en a rien été alors que nos communes voisinent ont été vraiment touchées par une importante augmentation de demandeurs de revenu d’intégration sociale.  Nous pouvons vraiment nous étonner et en chercher les raisons.

Sans doute, le fait d’être situé entre deux pôles urbains importants comme Namur et Sambreville joue-t-il sur cette situation. Il est plus facile et plus discret de se fondre dans l’anonymat de grands ensembles quand on se sent mis au ban de la société.

Mais il y a évidemment d’autres raisons comme la possibilité de trouver à se loger à moindre coût.

Même si elle dispose de logements publics grâce à la SLSP (société de logement de service public) « Le foyer namurois » et à l ‘AIS Gembloux-Fosses (Agence immobilière Sociale), la commune de Floreffe manque de logements à prix modéré, tant publics que privés. En augmenter le volume doit être une priorité !

Mais, malheureusement, les budgets manquent, y compris à la Région wallonne. Et les AIS rurales couvrent des territoires immenses, ce qui nuit à leur efficacité. Ce n’est pas pour autant qu’il faut baisser les bras.

Le logement public à Floreffe.

La commune dispose de 27 logements publics dont le loyer est calculé en fonction des revenus des locataires. Ces logements sont gérés d’une part par le Foyer Namurois et d’autre part par l’AIS Gembloux-Fosses.

Dans les habitations publiques, certains logement sont mis à disposition de personnes se trouvant dans des situations particulières.

Les logements d’urgence (logement de transit subventionné par la Wallonie) qui sont loués pour une courte période à des personnes qui se trouvent dans une situation de besoin. La convention d’occupation est conclue pour une durée de 6 mois renouvelable une fois.  Floreffe dispose de 2 logements d’urgence.

Les ILA (Initiatives Locales d’Accueil) qui sont des logements mis à disposition de demandeurs d’asile pendant la période de recevabilité de leur demande. Le CPAS de Floreffe dispose de trois logements de ce type.

Le coût du logement c’est le loyer bien sûr, mais c’est aussi les charges et principalement le chauffage. Le CPAS, tout comme la commune, dispose d’une conseillère en énergie. Celle-ci, dans le cadre d’un projet « PAPE », subventionné, assure des formations et des visites à domiciles afin d’aider les locataires, et aussi les propriétaires qui en font la demande, dans l’utilisation rationnelle de l’énergie et ainsi diminuer les factures de charge du logement tout en assurant un meilleur confort. Une meilleure information devrait élargir le public cible encore trop peu sensibilisé à ces initiatives.

Le CPAS , en association avec une APL (association de promotion du logement, agréée par la RW), devrait pouvoir remplir un rôle de médiation entre propriétaires privés et locataires à faible revenu, afin de créer les relations de confiance nécessaires et faciliter ainsi l’accès au logement pour tous.

 

De nombreux services offerts par le CPAS

Si le logement est une priorité, l’alimentation en est une autre tout aussi importante. Chaque semaine, le CPAS  distribue des colis en fonction de critères établis par le conseil de l’action sociale, organe représentatif de la population floreffoise.

 

Conjointement avec la Croix Rouge, qui la gère, le CPAS a ouvert une épicerie sociale où l’on trouve des produits courants à 30% de leur prix habituel en grande surface. Pour l’instant, la fréquentation est plutôt faible, l’épicerie sociale subissant sans doute la concurrence des deux chaînes discount de notre entité.

 

 

Le CPAS a décidé de louer l’emplacement de l’ancien atelier de repassage, rue Romedene à une société privée qui va y installer un salon lavoir ouvert à tout public. Les bénéficiaires d’une aide sociale disposeront d’un tarif préférentiel.

La mobilité des personnes fragilisées est aussi un problème auquel doit faire face un CPAS ; il y a donc aujourd’hui deux camionnettes taxis qui circulent à la demande dans Floreffe et environs. Non seulement les bénéficiaires d’aides sociales, mais également les personnes âgées peuvent y avoir accès.

Un service des repas à domicile est aussi organisé (et attribué par marché public à un traiteur privé, avec garantie de qualité) à l’attention des personnes âgées ; le CPAS intervient dans les frais de ces repas en fonction des ressources des demandeurs.

Un service d’aide à domicile a, quant à lui, été externalisé vers le SPAF (service provincial), le CSD dépendant de Solidaris ou l’ASD (mutualités chrétiennes). Le CPAS peut servir de relais vers ces institutions.

Un rôle important des CPAS concerne la remise à l’emploi de bénéficiaires du revenu d’insertion par le biais des «art. 60 ». Le plan wallon de lutte contre la pauvreté devrait pouvoir augmenter le volume de ces « remises à l’emploi », en essayant de les stabiliser.

Mais la petite enfance n’est pas oubliée : si la commune dispose d’une crèche dans le centre de Floreffe, et bientôt d’une seconde à Franière, le CPAS gère en plus un service d’accueillantes à domicile ainsi que d’un centre de co-accueil à Soye et d’un centre d’accueil à Floreffe (des accueillantes dans des locaux autres que leur propre domicile).

Bref, vous le constatez, les services offerts par le CPAS sont multiples et ne demandent qu’à être développés au bénéfice de toute la population. Car si, bien évidemment, ce sont d’abord les citoyens les plus démunis ou fragilisés qui en sont le public cible, tout citoyen situation passagère difficile (et pas seulement financière) peut s’adresser au centre d’action sociale.

Un plan de cohésion sociale (PCS) existe d’ ailleurs sur la commune, plan maintenant géré par le CPAS et devant concerner l’ensemble de la population. On peut, à Floreffe, regretter que sa mise en place et ses débuts soient un peu lent. L’engagement d’une nouvelle responsable de ce PCS devrait enfin en dynamiser l’application au quotidien.

Pour conclure, et comme il l’a été précisé lors de la dernière AG de la fédération des CPAS wallons, ceux-ci jouent un rôle important dans le développement économique local. Il est loin d’être une charge sur le dos du secteur industriel et commercial, comme on l’entend souvent dans les discours libéraux. L’IWEPS (Institut Wallon de Statistique) est d’ailleurs, depuis 2014, en recherche de nouveaux indicateurs afin de valoriser toutes les mesures visant à assurer une plus grande solidarité sociale au travers des chiffres du PIB national. C’est également le moteur des conseillers Ecolo au CPAS de Floreffe.

Philippe Hubaux et Carine Henry

Conseillers Ecolo de l’action sociale