Analyse détaillée du budget 2026
Cette séance du conseil communal du 15 décembre 2025 consacrée à la discussion et l’adoption du budget communal constitue certainement le moment fort puisqu’il s’agit, pour la majorité, de se doter des moyens nécessaires au fonctionnement de la commune ainsi qu’aux investissements.
Le groupe Ecolo+ a donc réalisé une analyse en profondeur de la proposition de budget en vue de l’intervention qui se voulait précise et responsable.
Il nous faut rappeler le contexte politique global. Le groupe Ecolo+ est bien conscient que la confection d’un budget ordinaire est rendue plus compliquée par l’accumulation d’annonces de décisions ou de décisions prises par les instances fédérales, régionales, communautaires dans lesquelles se retrouvent les Engagés et le MR qui constituent par ailleurs la majorité communale, décisions qui ont un effet en cascade, en particulier :
- La limitation dans le temps du chômage et l’exclusion des jeunes demandeurs d’emploi des allocations d’insertion, et son impact sur le fonctionnement du CPAS tant au niveau financier que surcroit d’interventions du CPAS (augmentation du nombre de RIS, soutien à la réinsertion socio-professionnelle, aide matérielle directe).
- La réforme des APE (Aide à la Promotion de l’Emploi ) qui concerne la grande partie du personnel communal contractuel (réduction de la participation de la RW, modification des conditions d’octroi), soit une réduction de 17,5M€ pour les communes wallonnes.
- Les décisions prises par la Fédération Wallonie – Bruxelles concernant l’enseignement, l‘accueil temps libre, l’accueil de la petite enfance, la culture dont la réduction de la gratuité scolaire.
- Les modifications concernant l’application de l ’index et à plus long terme les mesures concernant la fiscalité qui auront des effets de retour sur les recettes communales liées à l’impôt des personnes physiques.
- La diminution de l’intervention du Fonds des communes (par non-indexation), la réduction des subsides via le PIC (Plan d’Investissement Communal) rebaptisé FERI (Fonds Exceptionnel Régional d’Investissement…
Toutes ces mesures, ces incertitudes, ces informations manquantes et d’autres auront un effet en cascade sur les finances communales. Et si la prise en charge plus importante des provinces sur le financement des zones de secours diminue l’intervention communale dans ce secteur, cet effet sera rapidement neutralisé par de nombreuses autres augmentations de charges.
A la lecture des médias, nous constatons qu’il ne s’agit pas d’un effet localisé à Floreffe mais concerne, et parfois plus durement, toutes les communes, dont certaines doivent revoir, dès le budget 2026, à la hausse la fiscalité.
Le budget ordinaire :
Il s’établit au montant total de 13.802.830€ en recettes et dépenses (pas de boni). Comparativement au budget adapté 2025 (MB2), il s’agit d’une augmentation du montant total de 630.000€. Alors que les comptes 2024 se clôturaient par un résultat budgétaire de 195.722€ et la MB2 de 2025 laissait apparaître un boni de 120.841€, le budget 2026 est en strict équilibre, ce qui est obligatoire.
L’augmentation des recettes est liée à 3 grandes modifications :
- L’augmentation de l’apport des taxes : Précompte immobilier +187.000€ ; IPP +142.000€ ; taxe déchets : +30.000€. Soit au total 359.497€
- Un recours aux provisions : dette/personnel/pension des mandataires pour 246.627€ ; subside POLLEC 36.500€ ; zone de police 17.388€ ; CPAS 92.000€ ; crèche : 8.000€ soit au total 400.515€
- Un crédit spécial de recettes de dépenses non engagées de 250.000€ (prévision de 3% du total des frais de personnel sur base d’absence de personnel ou de non-engagement ou de réduction du temps de travail), qui devra être progressivement ramené à zéro en fin d’année.
Ces trois postes qui permettent d’équilibrer le budget représentent ensemble plus de 1 million d’euros. Ce qui montre que structurellement la situation des finances communales s’affaiblit ou se dégrade.
De manière globale, le montant des impôts et redevances s’élève à 8.498.663€, soit 62% des recettes communales.
En dépenses,
- Le personnel représente 47,2% des dépenses budgétées.
- Les prévisions prennent en compte une indexation de 2% soit 250.000€ sur ce poste et prévoient un montant global inchangé au niveau des emplois.
- Simultanément, la subvention unique APE de la région wallonne diminue, elle, de 29.650€ pour s’établir à 704.000€ et les conditions pour bénéficier de ce « statut » sont renforcées.
- Les frais de fonctionnement (téléphone, énergie, eau, correspondance, assurance hospitalisation, entretien des bornes incendie…) représentent 13,5% du total des dépenses et sont relativement stables. Notons toutefois les frais de maintenance informatique pour 169.000€, l’éclairage public qui passe de 41.000€ à 51.600€ .
- Les transferts à d’autres organismes représentent 26,3%.
- Service d’incendie : 385.000€€ (stable vu l’intervention de la Province)
- Zone de police : 1.043.000€ (en hausse de 17.000€)
- Office du Tourisme et maison du Tourisme : 107.500€ (en hausse de 10.000€)
- Centre culturel : 75.000€ (en hausse de 5.000€)
- Centre sportif : 100.000€ (stable)
- CPAS : 980640€ (en hausse de 72640€)
- Floreffe Petite Enfance : 163.000€ (en hausse de 8.000€)
- Notons aussi que le montant alloué à la Solidarité Internationale (et qui avait été réduit par la nouvelle majorité de 50%) reste bloqué à 4.000€ (soit 50 centimes par habitant, une aumône)
Les dépenses liées à la dette ( remboursement des emprunts et intérêts) sont en nette augmentation et représentent 12,9%. Ce taux a fortement augmenté depuis 2 ans et lorsque Ecolo faisait partie de la majorité, nous nous étions fixé un plafond de 10%. Outre les emprunts en cours qui représentent 13,238M€, un certain nombre de nouveaux emprunts doivent être consolidés en 2026 pour des travaux en cours (centre de Floreffe, salle communale, centre sportif, …) pour 8.723.000€ auxquels il faut ajouter 1.475.000€ pour les nouveaux projets du budget extraordinaire 2026. Ce qui conduit le volume de la dette à 23.436.927€ en fin 2026, avec comme effet consécutif une nouvelle augmentation des dépenses de dette les années suivantes.
Le volume du ratio de la dette (situation cumulée de la dette divisée par les recettes propres de la commune) s’élève à 145%.
Cette augmentation des frais de la dette, si elle est justifiée par des travaux de rénovation de bâtiments comme la salle communale ou le centre sportif, projets que nous avions initiés en répondant à des appels à projets liés aux Fonds Européens, nécessite d’une part une vue prospective à plus long terme mais aussi une réflexion sur les priorités (cadastre du patrimoine communal et choix en fonction de l’intérêt pour la population afin d’éviter des inoccupations de bâtiments). Dans les circonstances, la commune ne pourra plus faire tout mais il faudra retarder ou étaler certains investissements .
D’autre part, nous ne notons pas ni dans le budget ordinaire ni dans le budget extraordinaire, des intentions marquées de répondre aux grands enjeux du proche futur que sont les changements climatiques (inondations, réchauffement…),la question des choix énergétiques, la perte de biodiversité, En ce sens, ce budget n’est pas tourné vers le futur. Nous ne sentons pas les ambitions parfois reprises dans le PST et traduites en projets concrets. D’où notre vote négatif.
Budget extraordinaire
Vu l’ampleur des investissements en cours (centre de Floreffe, rénovation énergétique de la salle communale, du centre sportif, salle de Soye, école maternelle de Soye), les projets 2026 sont plus limités et portent sur un total de 2.305.00€ dont le financement est couvert très partiellement 20% par des subsides et fonds FERI Fonds Extraordinaire Régional d’Investissement, par des prélèvement sur le Fonds de réserve extraordinaire pour 15% mais surtout par de nouveaux emprunts pour 64%.
Le programme comporte de nombreux petits investissements d’aménagements.
Parmi les gros postes, notons la poursuite de l’aménagement de l’ancienne gendarmerie pour 120.000€, des prévisions d’avenants pour travaux du centre de Floreffe pour 300.000€ des entretiens traditionnels de voirie pour 125.000€, des stabilisation de berges de ruisseau pour 134.000€, l’aménagement d’un « pump track » pour 150.000€.
Le fonctionnement de la commune et les projets d’aménagement entraîneront un diminution assez conséquence du fonds de réserve ordinaire ainsi que des multiples provisions.