Conseil Communal du 15 décembre 2025

Publié le 20 décembre 2025
Rédigé par 
Ecolo+

Le Conseil communal du 15 décembre comprenait une séance conjointe (présentation du rapport “Synergies Commune/CPAS” et présentation du Plan Stratégique Transversal), suivie du Conseil communal.

L’essentiel, 4 dossiers clés :

  • Synergies Commune/CPAS : accord sur le principe, mais besoin d’un document actualisé, de volets achat durable / digitalisation complétés, et d’un calendrier clarifié.
  • Plan Stratégique Transversal 2024-2030 : format plus lisible qu’en 2018, mais cohérence parfois difficile à suivre, absences importantes et gouvernance questionnante.
  • Budget 2026 : équilibre sans marge, dette en hausse, équilibre reposant sur des mécanismes fragiles, peu d’éléments structurants apparaissent sur le climat et l’adaptation, pourtant cruciaux.
  • Sentier 37 (Soye) : le Gouvernement wallon refuse la suppression du sentier, le Collège persiste et refuse de le rétablir.

Pour aller plus loin :

1. Présentation du rapport sur les Synergies Commune / CPAS

Nous soutenons les synergies Commune/CPAS, elles permettent plus d’efficacité, plus de cohérence, et des économies d’échelle utiles dans les années à venir où les budgets seront sous pression, en particulier pour le CPAS (subsides fédéraux supprimés ou réduits, prise en charge par le CPAS des demandeurs d’emploi de longue durée dès 2026).

Mais nous nous demandons :

  • Actualisation du rapport : présence d’actions 2021–2023, ce qui interroge pour un document présenté comme “annuel 2025”.

  • Complément des rubriques manquantes : politique d’achat durable, digitalisation et modernisation des processus.

  • Calendrier cohérent : pourquoi une réattribution de locaux annoncée pour mai 2026 alors que l’analyse organisationnelle s’étend jusqu’à fin 2026 ?

  • Leviers sur le logement privé : clarification sur les outils mobilisables pour les logements d’utilité publique, d’urgence et de transit.

En conclusion : oui au principe aux synergies, mais avec un rapport à jour, des priorités complétées (durable, digital), et un calendrier cohérent.

2. Prise d’acte du Plan Stratégique Transversal (PST) 2024-2030

Nous saluons l’arrivée du Plan Stratégique Transversal (PST) et le travail fourni. Véritable boussole, le PST croise les ambitions politiques et leur mise en œuvre par l’administration, en lien Commune + CPAS.

Point positif : le PST 2024-2030 est plus condensé que notre première expérience en 2018, que nous avions trouvée trop lourde et chronophage (et trop exhaustive). On passe à un nombre plus limité d’objectifs et d’actions.

Sur le fond, plusieurs actions vont dans le bon sens et nous les soutenons (zones 30 autour des écoles, augmentation des places en crèche, budget participatif, stratégie immobilière à long terme, etc.).

Mais nous pointons aussi :

  • des dispositifs qui s’additionnent sans toujours être reliés, ce qui questionne la cohérence et l’efficacité (ex. : GT sécurité routière déconnecté de la CCATM ; plateformes distinctes “comités de quartier” et “événements” ; Conseil de la Culture alors qu’il existe déjà un conseil d’orientation au Centre culturel) ;
  • des volte-face par rapport à des décisions passées du Collège (logements publics, mobilité avec renoncement aux projets et subsides PIMACY, biomasse avec renoncement au subside obtenu) ;
  • des choix budgétaires discutables (tourisme : plus d’1 million EUR ; thermographie aérienne : 20.000 EUR, que nous aurions préféré voir utilisés en soutien direct à la réduction des consommations d’énergie des ménages).

Nous relevons aussi des manquements importants. Par exemple, aucune action sur la cohésion sociale (publics vulnérables, aînés) alors que le PST est conjoint Commune + CPAS, alors même que certaines mesures fédérales pourraient frapper durement dès 2026. Rien non plus sur les mouvements de jeunesse. Et, dans la “lutte contre les catastrophes naturelles”, rien sur l’adaptation aux canicules, aux îlots de chaleur et à la végétalisation.

Sur le climat, le document est surtout centré sur l’énergie, sans objectif de réduction des gaz à effet de serre, et il n’y a pas d’actions sur l’agriculture face aux impacts du dérèglement climatique.

Enfin, nous nous interrogeons sur la gouvernance. Le PST arrive tard et certaines actions sont déjà terminées. Beaucoup d’actions ne disposent pas d’un budget défini (ou reposent sur des subsides/budgets à préciser), et le pilotage est très concentré.

Même si nous adhérons au principe d’un PST non exhaustif, il est évident qu’un plan stratégique reflète les priorités et les ambitions d’une majorité. Quand certaines thématiques n’y figurent pas, ça dit quelque chose sur les priorités, c’est un choix politique. Et cela nous interroge fortement.

3. Budget 2026 – Un équilibre fragile

Nous savons que le contexte est tendu pour toutes les communes, avec beaucoup d’incertitudes. Le budget reste pourtant le moment où les priorités politiques se traduisent en chiffres. Vu l’ampleur des investissements en cours (dont le centre de Floreffe) et les emprunts à consolider pour des travaux en cours (c’est-à-dire transformer des financements de chantier en dette à long terme), la trajectoire de dette mérite une vigilance particulière.

Fonctionnement (budget ordinaire) : le budget 2026 est construit à l’équilibre (recettes = dépenses), 13.802.830 EUR, mais sans marge (sans boni).

Pour y arriver, le budget présenté repose sur plus d’1 million EUR via une hausse de recettes des taxes, l’utilisation de provisions, et un crédit spécial de 250.000 EUR basé sur des dépenses non engagées (notamment sur le personnel). Ce qui montre que structurellement la situation des finances communales s’affaiblit ou se dégrade.

La dette pèse 12,9% du budget, avec une dette projetée à 23,4M EUR fin 2026 (ratio 145%). La part consacrée au remboursement augmente, ce qui tend à réduire la marge de manœuvre budgétaire.

Investissements (budget extraordinaire) : 2.305.000 EUR, financés surtout par emprunts (64%). Principalement des travaux/aménagements (centre de Floreffe, voiries, berges de ruisseau, pump track, ancienne gendarmerie).

En conclusion, nous alertons sur la dépendance à des leviers mobilisés pour atteindre l’équilibre, notamment les provisions et le crédit spécial, ainsi que sur la diminution attendue du fonds de réserve ordinaire et des provisions. Cela confirme, pour nous, qu’il s’agit d’un budget à l’équilibre mais sans marge. Et, dans les éléments présentés, nous ne notons pas ni dans le budget ordinaire ni dans le budget extraordinaire, des intentions marquées de répondre aux enjeux sur le climat et l’adaptation, pourtant essentiels. C’est la raison de notre vote négatif.

Vous retrouverez également une analyse détaillée du budget 2026.

4. La suppression du sentier 37 à Soye – Le Gouvernement wallon refuse la suppression, le Collège persiste et refuse de le rétablir

Lors du conseil communal du 1er septembre 2025, nous nous sommes opposés à la suppression de ce sentier, notamment pour des raisons de :

  • maillage piéton affaibli, alors que c’est une des forces de notre commune ;
  • cohérence avec les constats déjà posés en conseil : manque d’ambition sur la mobilité douce et le maillage des sentiers dans la Déclaration de politique communale ;
  • non prise en compte des avis de la province et de la conseillère en mobilité de la commune

À l’époque, la majorité avait jugé “non pertinent” de tenir compte d’avis défavorables venant de citoyens de villages voisins (Spy, Malonne, Ham-sur-Sambre… et même Knokke). Un argument que nous jugeons discutable et incohérent, alors qu’un sentier n’est pas réservé aux seuls Floreffois et que, dans le même temps, l’Office du Tourisme de Floreffe valorise justement ce maillage via les points-noeuds pédestres !

Aujourd’hui, le Gouvernement wallon refuse la suppression, notamment pour les motifs suivants :

  • documents justificatifs jugés non recevables ;
  • prescription trentenaire non valable (décret + absence de preuves).

Le Collège, lui, persiste et refuse de rétablir le sentier.

Nous soutenons la décision du Gouvernement wallon. L’utilisation des sentiers doit être possible pour tous, quelle que soit la commune de domiciliation. Pour nous, le maillage de sentiers est un bien commun à protéger, pas un détail à effacer/fermer.